These au DIC

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Les gestionnaires stratégiques cherchent à introduire la soutenabilité dans leur modèle d’affaires. D’après l’European Corporate Framework for Sustainability, cette introduction dépendrait des conditions initiales et notammentde la propension à innover et de la capacité de l’organisation à se transformer. Selon les enquêtes du MIT 2009 et 2010, ces conditions initiales devraient donner naissance –- à deux grands comportements stratégiques face à la soutenabilité : le comportement de « Embracer », le comportement de « Cautious Adopter ».

Par ailleurs, une recherche menée auprès de décideurs de trois grandes villes (Austin, Francfort et Curitiba) souligne que la démarche logique ―des personnes et des groupes― joue un rôle crucial dans la manière d’intégrer la soutenabilité dans la planification d’une grande ville (Moore, 2007). Moore (2007) considère qu’en raison du « flou » qui entoure la définition de soutenabilité et de la rigidité des instruments de reporting (tels que ceux produits par GRI[1], ou par  LEED[2] pour les bâtiments), les démarches logiques peuvent être différentes. Plusieurs logiques sont donc possibles : (1) la théorie du développement durable, issue du rapport Bruntland (1987), peut conduire à une interprétation à partir d’une logique déductive; (2) le respect de normes et de listes de reporting peut imposer une logique inductive; (3) la volonté d’innovation locale, dans une situation donnée nécessiterait une logique abductive. Les liens entre « introduction de la soutenabilité » et la logique, mis en évidence dans la planification urbaine peuvent également être valides dans le monde des entreprises, étant donné que  les comportements peuvent être prudents ―d’adaptation à des lois et règlements― ou d’innovation radicale (ex : la création de la division Ecomagination de GE).

Comment la logique abductive ―celle qui devrait mener à l’innovation, émerge-t-elle au sein d’un groupe d’individus qui cherchent à introduire la soutenabilité dans un modèle d’affaires?  Sous quelles conditions, un ou plusieurs individus peuvent-ils s’éloigner de l’aspect formel des définitions explicites et formalisées de la soutenabilité ―en d’autres termes ne pas s’inspirer littéralement des définitions édictées dans le rapport Bruntland― pour se concentrer sur la conception et l’implantation d’une innovation exploitant le potentiel de la soutenabilité?

Pour répondre à ces questions, il est nécessaire de pouvoir simuler les différentes démarches logiques ―visant à introduire la notion de soutenabilité dans un modèle d’affaires. Une simulation autour d’un jeu formatif (Serious Game) permettrait de (1) conscientiser les gestionnaires à la démarche logique qu’ils choisissent de pratiquer lors de l’introduction de la soutenabilité dans un modèle d’affaires; (2) de se fixer des buts et de marquer des préférences pour des comportements stratégiques, soit de Embracer ou de Cautious Adopter.  Cette simulation permettrait également de repérer les conditions associées à la pratique de l’abduction comme mode d’introduction de la soutenabilité et de favoriser le comportement d’innovateur « vert ».



[1] Le GRI (Global Reporting Initiative), organisme sans but lucratif, installé à Amsterdam en 1997 par le CERES, Coalition for Environmentally Responsible Economies, ONG basée à Boston et acteur central dans l’intégration des questions environnementales aux activités de l’entreprise

[2] Voir http://www.leed.net/, le site pour Leadership in Energy and Environmental Design.